Psychanalyse et neuroscience : la fin d’un schisme ?

Psychoanalysis and neuroscience : the end of a schism ?

Auteurs
F. Lotstra
Année
2007
Type d'article
Article de synthèse
Keywords
mind, neuroplasticity, neurosciences, psychoanalysis, unconsciousness

Résumé

Pour certains neurobiologistes, les descriptions biologiques actuelles du cerveau peuvent s’intégrer au cadre théorique initié par Freud. Les acquisitions récentes de la neurobiologie démontrent une plasticité du réseau neuronal permettant l’inscription de l’expérience. Cette neuroplasticité constitue la pierre angulaire du rapprochement de la psychanalyse et des neurosciences. Le cerveau ne doit pas être considéré comme un organe figé, déterminé et déterminant mais bel et bien comme une structure dynamique, en constante reconstruction. A l’opposé du déterminisme génétique, la plasticité implique diversité et singularité. Les variations de possibles proposées par la plasticité sont séduisantes mais quels sont leurs degrés de liberté vis-à-vis de la contrainte de la génétique et de l’épigénétique ? Les deux concepts - plasticité, épigenèse - sont bien distincts. Un phénomène épigénétique associé au comportement maternel semble avoir été démontré récemment chez le rat. L’attachement et la dépression demandent réflexion au regard de l’épigenèse et de la plasticité. L’application des concepts freudiens aux modèles biologiques ne se fait pas toujours sans maladresse. Démontrer la psychanalyse à partir des neurosciences ou l’inverse paraît peu réaliste. Par contre, il y aurait lieu de favoriser l’échange, de faire une distinction nette entre l’inconscient psychanalytique et l’inconscient neurologique, de mettre fin à l’opposition non fondée entre le mental et le cérébral. Rev Med Brux 2007 ; 28 : 91-6

Abstract

For some neurobiologists, present biological descriptions of the brain may integrate the theoretical frame initiated by Freud. The recent acquisitions of neurobiology prove a plasticity of the neural network anabling the inscription of the experiment. The neuroplasticity constitutes the cornerstone of the reconciliation between the psychoanalysis and neurosciences. The brain must not be considered as a rigid organ, determined and determining but well as a dynamic structure, in constant rebuilding. Contrary to the genetic determinism, the plasticity involves diversity and singularity. The variations of the feasible offered by the plasticity are seducing but to what extent towards the constraint of genetics and the epigenetic ? Both concepts, plasticity and epigenesis are well distinct. An epigenetic phenomenon associated to a maternal behaviour seems to have been proved recently in the rat. Attachment and depression require reflection in the sight of epigenesis and plasticity. The Freud concepts are not always applied to biological patterns without any clumsiness. Demonstrating psychoanalysis from neurosciences or the contrary does not seem very realistic. On the other hand there should a good reason to give rise to exchange, to make a clear distinction between psychoanalytical unconsciousness and neurological unconsciousness, and put an end to the groundless opposition between mental and cerebral. Rev Med Brux 2007 ; 28 : 91-6

Télécharger l'article

Cet article est en accès libre.

Télécharger l'article (PDF)

Adobe Reader doit être installé sur votre ordinateur afin de pouvoir visualiser cet article. Vous pouvez le télécharger gratuitement du site www.adobe.com.