La médecine belge et française et les Ordres face à la “ question juive ” durant la Deuxième Guerre mondiale

The Belgian and French medicine and the “ Ordres ” facing the “ jewish question ” during the Second World War

Auteurs
J. Noterman
Année
2014
Type d'article
Histoire de la médecine
Keywords
antisemitism, board of medicine, history, World War Two

Résumé

L’attitude du monde médical et celle des “ Ordres ” face à la “ question juive ” diffèrent entre la Belgique et la France. Cette différence prend sa source avant la Deuxième Guerre mondiale. En effet, la xénophobie et l’antisémitisme sont plus marqués en France. De plus, la capitulation belge de mai 1940 et l’armistice du 22 juin 1940 en France ne présentent pas les mêmes conséquences. En France, un gouvernement légal, sous la direction du Maréchal Pétain, va prendre toute une série de mesures xénophobes dont les Juifs sont les premières victimes. En Belgique, en l’absence de gouvernement, les Secrétaires Généraux des Ministères vont devoir appliquer les mesures antijuives dictées par l’occupant. Ils ne peuvent pas légiférer sur le plan politique. L’Ordre des Médecins français fut créé fin 1940 par le gouvernement de Vichy. En Belgique, l’Ordre existait depuis 1938 mais n’avait pu se réunir en l’absence d’arrêtés d’exécution. Il fut créé fin 1941 un “ Ordre bis ” dont la légalité fut contestée par de nombreux juristes et médecins. L’Ordre français appliqua les mesures antijuives en se chargeant lui-même de la sélection des médecins juifs autorisés à pratiquer. En Belgique, l’“ Ordre bis ”, très mal vu par les médecins, ne joua aucun rôle officiel. Il se contenta sans protester d’appliquer les ordonnances allemandes antijuives. A la libération, les dirigeants des Ordres connurent un sort différent. En France, ses dirigeants échappèrent aux sanctions. En Belgique, ceux-ci furent lourdement condamnés. Rev Med Brux 2014 ; 35 : 114-21

Abstract

The attitude of the medical community and the “ Ordres ” to the “ jewish question ” differs in Belgium and France. This difference originates before the Second World War. Xenophobia and antisemitism were stronger in France. In addition, the Belgian capitulation of May 1940 and the armistice of June 22 in France do not represent the same situation. In France, a legal government, under the direction of Marshal Pétain, took a series of xenophobic measures of which the Jews were the first victims. In Belgium, in the absence of any government, the General Secretaries in Ministries were the ones who had to apply the antijewish measures dictated by the German occupant. By law, they could not legislate on the political level. The “ Ordre» of French physicians was created in late 1940 by the Vichy government. In Belgium, the “ Ordre ” had existed since 1938 but had been unable to meet in the absence of implement decrees. An “ Ordre bis ” was created in late 1941, the legality of which was questioned by many lawyers and physicians. The French “ Ordre ” was to apply the antijewish measures by taking responsibility for the selection of Jewish physicians entitled to practice. In Belgium, the “ Ordre ” frowned upon by the physicians, played no official role in this regard. It simply applied the antijewish measures dictated by the Germans without protesting. After the conflict, the leaders of the “ Ordres ” had a different fate in both countries. In France, they escaped sentences. In Belgium, they were heavily condemned. Rev Med Brux 2014 ; 35 : 114-21

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