Place des étudiants en médecine dans les équipes médicales préhospitalières intervenant auprès des victimes sur le site d'un attentat

Role of medical students in prehospital medical teams responding to the scene of a terrorist attack

Auteurs
De Stefano C., Akodad H., Reuter P.-G., Ricard J.-D., Petrovic T., Dumas J.-L., Adnet F. et Lapostolle F.
DOI
10.30637/2020.18-110
Année
2020
Type d'article
Article original
Keywords
medical, prehospital emergency care, PTSD, students, terrorism

Résumé

Objectif : Les attentats à Saint-Denis et à Paris de Novembre 2015 ont fait émerger la question de la place des étudiants dans les équipes médicales préhospitalières intervenant auprès des victimes. Connaître l’avis des étudiants quant à leur présence sur le lieu d’un attentat a été l’objectif de cette étude. Méthodes : Tous les étudiants de deux universités d’une région touchée par les attentats ont été interrogés 12 jours après les évènements. Les questions évaluaient leur souhait, en cas d’attentat, d’aller avec l’équipe sur le lieu des attentats, le caractère obligatoire ou non de cette présence et les sentiments liés à cette expérience : frustration, peur, crainte de traumatisme ou d’être inutile. Résultats : 2.026 étudiants en médecine ont été contactés, 530 étudiants ont répondu : 325 (62 %) femmes et 200 (28 %) hommes, d’âge médian 22 [21-24] ans. S’ils avaient été de garde, 367 (71 %) auraient souhaité aller avec l’équipe sur le lieu de l’attentat. Le taux de réponse positive était supérieur chez les hommes (82 % vs 64 % ; p < 0,0001). Le choix d’aller avec les équipes du Service d’Aide médicale urgente (SAMU) était significativement associé au stage antérieur au SAMU (88 % ; p = 0,003) ou en réanimation (75 % ; p < 0,02) et aux années d’études (+ 5 % par an). Les étudiants pensaient que cette présence sur le lieu des évènements devait être facultative (N = 411 ; 78 %). Les sentiments prédominants étaient la crainte d’être inutile (N = 247 ; 47 %) et la frustration de ne pas avoir été présent (N = 193, 37 %). Conclusion : Les étudiants en médecine souhaiteraient aller avec l’équipe préhospitalière sur le lieu d’un attentat, à condition que le choix soit facultatif.

Abstract

Objectives : The terrorist attacks in Saint-Denis and Paris (France) in November 2015 have brought to light the question about the presence of medical students in the medical teams of the Mobile Intensive Care Unit (MICU), involved with victims of an attack. To assess the views of medical students (MS) regarding their presence in the team, at the scene of an attack was the aim of the study. Methods : MS of two universities in a region affected by the attacks were interviewed in the following weeks. The questions assessed their preferences in the event of an attack, on whether to go with the team on the attack site, whether this should be mandatory and the feelings associated with the experience: frustration, fear, fear of injury or be useless. Results : From 2026 contacted MS, 530 responded with 325 (62 %) women, median age 22 [21-24] years. If they had been on duty, 367 (71 %) would have liked to go with the team on the site of the attack vs 151 (29 %) who have not liked. The positive response rate was higher among men (82 % vs 64 %; p < 0.0001), among MS having completed a previous internship at SAMU (88 % ; p = 0.003) or ICU (75 %; p < 0.02) and increased with grades (+ 5 % per year). MS thought that this presence should be optional vs mandatory : 411 (78 %) vs 113 (22 %). The predominant feelings were fear of being useless (N = 247 ; 47 %) and the frustration of not being present (N = 193, 37 %). Conclusion : Medical students would prefer to go with the medical team at the scene of the attack - but optionally.

Télécharger l'article

Cet article est en accès libre.

Télécharger l'article (PDF)

Adobe Reader doit être installé sur votre ordinateur afin de pouvoir visualiser cet article. Vous pouvez le télécharger gratuitement du site www.adobe.com.