Traitement de l’hyperactivité vésicale réfractaire non neurogène par la toxine botulique. Revue de la littérature

Botulinum toxin injection for refractory non-neurogenic overactive bladder. Systematic review

Auteurs
B. Henriet et T. Roumeguère
Année
2015
Type d'article
Article de synthèse
Keywords
botulinum toxin, idiopathic, overactive bladder, refractory

Résumé

Contexte : L’hyperactivité vésicale est fréquente avec un impact négatif potentiel sur la qualité de vie. Les anticholinergiques et les agonistes b3-adrénergiques représentent le traitement de première ligne. Ce traitement ne satisfait que 50 % des patients compte tenu d’un manque d’efficacité et d’effets indésirables. Utilisée dans le traitement de l’hyperactivité vésicale neurogène, la toxine botulique est maintenant évaluée pour le traitement de l’hyperactivité vésicale réfractaire non neurogène. L’objectif de ce travail est de revoir les données de la littérature concernant l’efficacité et la tolérance des injections intradétrusoriennes de toxine botulique pour traiter l’hyperactivité vésicale réfractaire idiopathique. Méthode : Revue systématique de la littérature publiée entre mai 1988 et avril 2013 dans PubMed concernant le traitement de l’hyperactivité vésicale réfractaire idiopathique non neurogène. Résultats : 37 études ont été sélectionnées dont 8 études randomisées et contrôlées contre placebo. L’efficacité des injections intradétrusoriennes est démontrée pour diminuer la fréquence des mictions, les épisodes d’urgenturie, les mictions nocturnes, les épisodes d’incontinence ainsi que pour améliorer la capacité vésicale ou la qualité de vie. Les effets secondaires les plus fréquents sont la vidange vésicale incomplète, le cathétérisme intermittent et le risque augmenté d’infection urinaire. Une dose de 100 à 150 U d’onabotulinumtoxinA permet le meilleur compromis entre efficacité et tolérance. La durée de l’effet varie selon les études de 3 à 12 mois et la répétition des injections ne semble pas altérer l’efficacité. Les injections incluant le trigone n’entraînent pas de reflux vésico-urétéral. L’absence d’hyperactivité détrusorienne n’altère pas la réponse clinique. Conclusion : Les injections détrusoriennes de toxine botulique peuvent être considérées comme un traitement de deuxième ligne efficace de l’hyperactivité vésicale réfractaire idiopathique non neurogène. L’information sur le cathétérisme intermittent doit être dispensée. L’efficacité au très long cours et l’absence d’altérations de l’urothélium sur le long terme restent des questions en suspens. Rev Med Brux 2015 ; 36 : 29-37

Abstract

Background : OAB is common with a potential negative impact on quality of life. Anticholinergics and b3-mimetics are the first-line medical treatment. This treatment meets only 50 % of patients given a lack of efficacy and adverse effects. Used in the treatment of neurogenic overactive bladder, botulinum toxin is now evaluated for the treatment of refractory nonneurogenic overactive bladder. The objective of this work is to review the literature data concerning the efficacy and safety of intradetrusor botulinum toxin injections to treat refractory idiopathic overactive bladder. Methodology : A systematic literature review was conducted to identify articles published between May 1988 and April 2013 in Medline for the treatment of refractory idiopathic overactive bladder with botulinum toxin. Results : 37 studies with original samples were selected including 8 randomized controlled trials against placebo. The effectiveness of intradetrusor injections is demonstrated to reduce the frequency, urgency, nighttime urination, incontinence episodes and to improve bladder capacity and quality of life. The most common side effects are incomplete bladder emptying, intermittent catheterization and increased risk of urinary tract infection. A dose of 100 to 150 U of onabotulinumtoxinA allows the best compromise between efficiency and tolerance. Duration of the effects varies between 3 to 12 months and repeating the injections did not seem to affect the efficiency. Injections including the trigone zone do not cause vesicoureteral reflux. The absence of detrusor hyperactivity does not alter the clinical response. Conclusion : The detrusor injections of botulinum toxin can be considered as an effective second line treatment for refractory non-neurogenic overactive bladder. Information on intermittent catheterization risk must be provided. The very long-term effectiveness and the absence of urothelium alterations are still outstanding issues. Rev Med Brux 2015 ; 36 : 29-37

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