Violence sexuelle au Congo-Kinshasa : nécessité de la dépénalisation de l’avortement

Sexual violence in Congo-Kinshasa : necessity of decriminalizing abortion

Auteurs
J.-C. Omba Kalonda
Année
2012
Type d'article
Santé publique
Keywords
abortion decriminalizing, Congo, sexual violence

Résumé

Les violences sexuelles commises en République Démocratique du Congo (RDC), de par leur ampleur et leurs conséquences sur les femmes sont des véritables défis de santé publique, politico-juridique et socio-économique. Plus d’un million des femmes ont été victimes de violences sexuelles depuis 1996. Les viols systématiques sur les femmes ont été utilisés comme arme de guerre par les hommes en uniformes au cours du conflit congolais. Les conséquences médicales sont : la propagation de maladies sexuellement transmissibles, les complications gynécologiques, les grossesses non désirées et les traumatismes psychologiques. Malgré le nombre élevé de grossesses non désirées observées, la loi congolaise, très restrictive, n’autorise pas d’avortement. Cet article présente trois arguments qui plaident en faveur de la dépénalisation de l’avortement en RDC : 1) une loi très restrictive sur l’avortement force les femmes à recourir à des avortements clandestins à risque, favorisant des taux élevés de lésions et de mortalité maternelle ; 2) la RDC, signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la charte de l’union africaine, est censée promouvoir l’égalité entre les sexes, en ce compris les droits reproductifs des femmes ; 3) une naissance non désirée est une charge financière supplémentaire pour la femme, un facteur aggravant de la pauvreté et psychologiquement inacceptable en cas de viol. Sur le plan politico-juridique, la lutte contre l’impunité ainsi que la dépénalisation de l’avortement sont recommandées. Le libre accès à l’avortement épargnera les femmes victimes et enceintes, des risques liés à la grossesse, à l’accouchement ainsi que de ceux associés à un éventuel avortement clandestin qui majorent le taux de mortalité maternelle dans ce pays : il est évalué entre 950 et 3.000 décès pour 100.000 naissances vivantes. Rev Med Brux 2012 ; 33 : 482-6

Abstract

The sexual violence’s committed in the Democratic Republic of Congo (DRC) are from their scales and consequences on women, real public health, politico-legal, and socio-economical challenges. More than a million of women have been victims of sexual violence on a period of less than fifteen years. Systematic rapes of women were used as war weapon by different groups involved in the Congolese war. Sexual violence against women has impacted public health by spreading sexually transmissible diseases including HIV/AIDS, causing unwanted pregnancies, leading to the gynaecological complications of rape-related injuries, and inflicting psychological trauma on the victims. Despite high level of unwanted pregnancies observed, the Congolese law is very restrictive and interdict induced abortion. This paper presents three arguments which plead in favour of legalizing abortion in DRC : 1) a restrictive law on abortion forces women to use unsafe abortion and increase incidence of injuries and maternal mortality ; 2) DRC has ratified the universal Declaration of human rights, the African union charter, and has than to promote equality between sexes, in this is included women reproductive rights ; 3) an unwanted birth is an additional financial charge for a woman, a factor increasing poverty and psychologically unacceptable in case of rape. From the politico-legal point of view, endinging rape impunity and decriminalizing abortion are recommended. Decriminalizing abortion give women choice and save victims and pregnant women from risks related to the pregnancy, a childbirth, or an eventual unsafe abortion. These risks increase the maternal mortality already high in DRC (between 950 and 3000 for 100000 live births). Rev Med Brux 2012 ; 33 : 482-6

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